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Revue de presse : les travailleurs « détachés » du chantier ITER

Ils dénoncent exploitation et abandon

La CGT expose la situation effarante de huit intérimaires portugais employés sur un chantier du CEA

samedi 5 juin 2010

Article de Nadia Ventre La Marseillaise du 5 juin 2010


Les responsables de l’Union Locale CGT de Manosque rejoints par des représentants de l’UL de Saint-Paul-lez-Durance « site de Cadarache », ont exposé hier au cours d’une conférence de presse, la situation de huit travailleurs portugais, vivant actuellement à Manosque. Ces salariés de nationalité portugaise et d’origine africaine sont venus suite à leur recrutement par une entreprise d’Interim au Portugal, Travel Works Trabalho temporaire SA, pour travailler sur le site du réacteur « Jules Horowitz » de Cadarache, par le biais de l’entreprise SAMT située à Saint-Chamas, spécialisée fans le ferraillage et le béton armé. Le CEA Cadarache est le maître d’œuvre qui a passé commande à la société Razel opérant sur le lot Génie civil.

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La Marseillaise du 5 juin 2010
Article de Nadia Ventre

Les salariés ont poussé le 12 mai dernier les portes de l’UL CGT, où ils sont venus faire part de leur désarroi. Leur contrat de travail rédigé en portugais, stipule une durée de travail débutant entre le 21 et le 23 mars et un terme entre le 21 et le 25 septembre 2010. Mais les intérimaires ont expliqué qu’on venait de leur annoncer qu’il n’y avait plus de travail pour eux, qu’ils ont ainsi été « remerciés » et « invités » à rentrer chez eux par leurs propres miens. Ils ajoutent à cela qu’ils n’ont jamais été payés depuis leur arrivée en France, soit depuis près de deux mois, qu’aucun bulletin de salaire ne leur a été remis. Ils sont logés dans un appartement mis à disposition par l’employeur et craignent d’être expulsés du jour au lendemain. Il y vivent dans des conditions de dénuement, dorment sur des lits de fortune. Les toilettes sont hors fonctiuonnment, pas d’autre choix que d’utiliser les sanitaires publics. Les syndicalistes ont fait appel à l’inspection du travail de Marseille, qui témoignent-ils, « s’est penchée avec beaucoup de sérieux sur le problème et a détaché le surlendemain 4 inspecteurs, sur les sites de Cadarache et de Saint-Chamas. Nous sommes en attente d’un rapport de leur part. »

Les réponses du CEA et de la SAMT

Nous avons contacté le CEA. Philippe Brunel, directeur de communication a expliqué que la direction était en attente des conclusions de l’Inspection du travail, précisant que le CEA avait mandaté la société Razel, que le contrat avec cette dernière était en bonne et due forme et qu’aucun changement sur le marché n’était intervenu depuis la signature de ce contrat.
Edgar Thyrion, directeur de la SAMT, nous a répondu qu’il avait été avisé de l’affaire par le CEA, l’avertissant : « de problèmes dans les effectifs de sous-traitants, de travailleurs qui auraient été menacés, qui n’auraient pas été payés. Je suis tombé des nues. J’ai regardé le dossier. On a fait appel à une société d’Interim pour répondre à un besoin ponctuel de personnel jusqu’au 31 mai. Dans la semaine du 25 au 28, nous les avons avertis que leur mission était terminée. Et ils sont allés se plaindre au syndicat. J’ai vérifié auprès de la boîte d’Intérim, qui effectivement au delà de la mission nous concernant, les emploient jusqu’en septembre, mais ils ne veulent pas repartir d’ici. Nous avons reçu l’inspecteur du travail, nos documents sont en règles et la société d’Intérim nous a fait parvenir les ordres de règlement fait à ces salariés ».

Rendez-vous avec la Halde

Après avoir fait traduire le contrat l’UL note : « un salaire de 1 370 euros mensuel pour 35 heures, bien en-deça des heures effectuées. Il semblerait en surplus qu’au lieu de leur accorder 25 euros d’indemnités de repas par jour de travail (ce qui est loin de l’indemnité panier accordée pour les grands déplacements), on leur ponctionnait 25 euros par jour (sur ce salaire qu’ils n’ont jamais perçu !) pour payer le loyer... » Pour la CGT cette histoire n’est en fait que la petite dans la grande. Elle alerte sur cette forme « d’esclavagisme qui s’étend et s’érige en système ». Des situations difficilement repérables, expliquent-ils, car mises en œuvre dans le cadre de « chantiers clos et indépendants, chantiers d’État y compris, sans aucune représentation syndicale. C’est une stratégie qui se généralise pour transgresser le droit du travail. » Et une syndicaliste de Saint-Paul-lez-Durance d’ajouter que cela ne présage rien de bon pour le chantier d’ITER, qui va devenir une « zone de non droit ».

À ce jour ces salariés, précise la CGT, « s’alimentent grâce aux restos du cœur ». Rendez-vous est pris pour le début de la semaine prochaine avec le CCAS ainsi qu’avec la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations).

Nadia Ventre


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